Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

10,00
par
24 décembre 2020

Nazer Baron intervient cette fois-ci pas loin de chez lui. il réside au Croisic et son enquête se déroule entre La Baule, Pornichet, La Turballe et Le Pouliguen. Cinq communes pas désagréables du tout. J'aime particulièrement Le Croisic.

Fidèle à son habitude, Baron écoute, observe, s'appuie sur son second le commandant Arneke, particulièrement doué pour décrypter le langage corporel et les non-dits. Pas de courses-poursuites, pas d'hémoglobine. Tout est calme et tranquillité dans ces communes du littoral Atlantique. Les indices s'accumulent, il faut encore trier le vrai du faux et laisser les témoins et suspects en venir doucement aux confessions inévitables parce que subtilement amenées par le duo de flics.

Hervé Huguen, ancien avocat, écrit simplement et limpidement. Tout coule presque naturellement. On a presque l'impression que son héros, Nazer Baron se contente de récolter le fruit du travail de ses collaborateurs, ce qui n'est pas totalement vrai. Il s'appuie dessus pour réfléchir. C'est un cérébral. L'écriture du romancier le décrit parfaitement, s'attarde un peu sur les paysages souvent voilés, c'est la fin de l'hiver. Tout concourt à faire de cette série une série d'atmosphère très agréable à suivre, avec des intrigues bien ficelées et habilement déficelées.

Trois jours, Roman

Roman

Denis Brillet

La Remanence

14,00
par
24 décembre 2020

J'ai reçu ce roman lors d'un envoi en service de presse, et à peine découvert, je dois dire que je n'avais pas une envie folle de le débuter. Mais bon, un livre offert, ça ne se refuse pas et ça se lit, ça se commence a minima. Et là, je dois dire que la surprise fut plus que bonne. Mis à part quelques petits passages -ceux en italique- que je trouve superflus, le reste est tout simplement excellent. A noter qu'il faut s'affranchir du fait que le niveau de langage ne correspond pas à un jeune de 17 ans, mais l'on sait que l'écrit est toujours plus châtié que l'oral. Ce jeune homme est atypique et particulièrement mystérieux et donc pourquoi n'userait-il pas d'une belle langue, recherchée, travaillée ? De ce point de vue là, rien à dire, Denis Brillet sans être pédant aime glisser des mots rarement utilisés, de belles tournures. Son écriture est élégante et limpide. Il décrit la vie d'un petit village reculé en quasi hibernation en ce rude hiver -les nombreuses descriptions des vents, du froid mordant, piquant sont admirables. Peu de personnages, car beaucoup se cachent, mais ceux qui sont présents sont très intimement décrits, dans leurs plus profonds questionnements. Encore une fois, c'est épatant.

Ce roman est envoûtant, il va très lentement dans une ambiance ouatée, glaciale et il m'a été impossible de m'en défaire. On ne sait pas où le jeune héros veut en venir ni même si lui le sait. On le suit, se demandant ce qu'il va faire, fasciné comme les rares personnes qui, au sein du village, l'accueillent. Il y est question de la solitude, de l'ascèse jusqu'à l'excès, de la mort, d'amour, de peur d'autrui, de haine... Ce n'est pas un roman léger, il est plutôt sombre mais avec pas mal de touches de lumière. Le genre de livre qui reste longtemps en tête et que l'on aime offrir, car à la fois original et quasi sûr de plaire.

Les Trois Brestoises - Tome 6, Vie et mort d'une légende bigoudène

Vie et mort d'une légende bigoudène

Palémon

10,00
par
16 décembre 2020

Sixième tome des aventures des Trois Brestoises, Léanne Vallauri, cheffe de la PJ, Elodie médecin-légiste et Vanessa psychologue. Cette fois-ci, les voici plongées dans la scène rock des années 60, ce qui leur sied à merveille puisqu'elles ont depuis des années un groupe de rock et qu'elles écument les bars de la région. Mais évidemment, tout ne va pas se passer idéalement, notamment parce qu'un nouveau flic est affecté à la PJ de Brest et que dès le début, il y a un truc qui cloche et qui n'ira pas en s'arrangeant. Léanne est davantage en vedette cette fois-ci, ses deux copines ne sont pourtant jamais loin et toujours présentes en cas de besoin, quel qu'il soit.

Comme toujours, Pierre Pouchairet décline des intrigues annexes à l'enquête pincipale qui tournent autour d'une ou de plusieurs des trois filles, et comme toujours, ça fonctionne admirablement. A peine commencé le livre qu'on est déjà, sans avoir pu le fermer, rendu à un bon tiers... Et puis, la suite est tout autant addictive. Ce qui plaît chez le romancier, c'est le mélange d'intrigues réalistes -pour un ancien flic, j'imagine que c'est assez aisé à trouver, encore faut-il savoir les raconter, ce que Pierre Pouchairet fait formidablement-, de personnages attachants qui évoluent et qui restent humains avec leurs qualités et leurs défauts, de plongée dans un univers particulier -ici le rock bigouden- et de balades en pleine Bretagne, entre Brest, Quimper, Renne, L'Île Tudy, Loctudy... que des noms qui sentent la région.

J'aime tellement cette série que lorsque j'ai fini les presque 400 pages de chaque tome, je quitte à regret les trois filles et leurs collègues et que j'ai une folle envie de Finistère.

Terrien t'es rien ! / le jour où la Terre s'arrêta : plus d'une quarantaine de dessins sur le corona
par
16 décembre 2020

L'année 2020 fut une annus horribilis comme disait Elisabeth II, il y a pfff... longtemps (renseignements pris, c'était en 1992). Il y eut notamment -qui dure encore au moment où j'écris- la COVID 19 et bien sûr, le confinement, le premier, le vrai, celui du-qu'on-pouvait-pas-sortir-du-tout... Valott, dessinateur de BD et de presse a accumulé pendant cette période des dessins qu'il montre dans ce livre.

Son virus est omniprésent, cette petite boule rose pleine d'éruptions en forme de trompes, presque mignonne, dans laquelle, sur la couverture, l'homme civilisé se cogne le pied. Dans les dessins de Valott, le détail est important, comme le portable qui vole toujours sur la couverture. L'avantage d'un dessin c'est qu'il évite les grandes phrases sur le virus et le confinement et la grande qualité de Valott est qu'il ne se regarde pas le nombril mais parle de l'humanité et de la planète. Il ne fait pas dans l'introspection mais évoque le chamboulement international. Parce que franchement, je n'ai pas envie de lire comment untel ou unetelle a passé le confinement, entre les angoisses de la page blanche, les enfants présents toute la journée, les grands moments d'enfermement qui poussent aux questionnements, aux doutes... Heureusement, il y a les dessins de Valott qui feront rire, réfléchir, irriteront ou agaceront. Ils ne laisseront pas insensibles.

par
16 décembre 2020

Il y a du changement chez Cicéron : il s'est installé chez Vanessa et son ancien logement lui sert de bureau pour son agence de détective qui emploie également son manchot favori, Momo. À peine installés, ils reçoivent la visite de Jessica Dumortier qui leur demande d'enquêter sur la disparition du corps de son père, supposé être enterré quelques jours auparavant avant qu'une maladresse ne fasse verser le cercueil et ne l'ouvre pour y découvrir des sacs de sable. Stupeur dans la famille du défunt. Les flics pas intéressés, c'est Cicéron qui hérite de l'affaire.

Cicéron se case, bon à sa manière de non play-boy qui plaît aux femmes qui le lui font bien sentir. S'il y a du grabuge avec certaines de ses maîtresses, il file le parfait amour avec Vaness' sa flicque préférée. Quelle santé !

Hors ses élans sexuels, le voici avec une affaire pas banale sur les bras, et c'est l'inénarrable René qui va le mettre sur la bonne piste. Comme à son habitude, son histoire est rocambolesque, folle à souhait et les descriptions de certains personnages irrésistibles : "Fut un temps où elle était moche mais ça passait inaperçu. Des moches comme la Paulette d'avant, ça court les rues. Mais maintenant, elle a pris du galon dans l'immonde. Dommage qu'il ne pleuve pas, un imper aurait atténué le choc. Je ne sais pas si elle a perdu tous ses cheveux mais la perruque à la Chantal Thomass ne l'avantage pas du tout. Soit elle est trop petite, soit la tête est trop grosse. [...] Régine [...] en paraît presque désirable. [...] Son petit Moldave adopté a grandi mais il n'a pas grossi. Il ressemble à un tibia qui marcherait tout seul et a toujours sa sale gueule. Régine a une jupe plissée qui ne plisse pas partout car le contenu est un peu invasif." (p. 76/77). On lit davantage Cicéron pour se marrer que pour suivre une intrigue façon thriller avec des rebondissements et du gore toutes les trois pages. Non, Cicéron prend son temps -il est payé à l'heure- et est très occupé par les multiples sollicitations féminines. Ceci étant, cette intrigue est très plaisante et change un peu de ce qu'on lit régulièrement. Je le dis et le répète à longueurs de recensions sur Cicéron, ceux qui le connaissent, je n'ai rien à ajouter, vous passerez un bon moment et auriez même envie qu'il soit plus long ; ceux qui ne le connaissent point encore, précipitez-vous, c'est l'enquête N° 13, le retard n'est pas trop long à combler, mais vous pouvez aussi lire chaque tome indépendamment.