Belle infidèle
27 septembre 2019

Rebus

Julien vit avec le fantôme de sa relation avec Laura. Il l'a cristallisée, idéalisée. Trois ans que le spectre de sa relation passée vient le hanter. Dans sa vie. D'homme, de romancier. Lui qui s'était promis ne plus traduire les autres tant qu'il n'aurait pas révélé sa plume. Mais il accepte pourtant, jusqu'à que sa lecture originale se transpose à ses souvenirs. Jusqu'à ce que la traduction impacte sa vie. Jusqu'à la prise de conscience que l’histoire traduite, normalement romance fictionnelle, est intimement lié à son ex spectrale. Qui n'a jamais été aussi présente que depuis qu'elle brille par son absence.

Nous assistons à différente strate de la mise en abyme. De la vie vie d'écrivain. De la perspective d'un premier roman. D'une vie volée, vécue en parallèle. De l'urgence. L'urgence de savoir, l'urgence de comprendre. De dénouer ce Rebus, cette énigme, qui apporte un éclairage nouveau sur les interrogations d'une vie fanée. Rien de plus ironique que de découvrir les clés de son malheur, écris par un autre, pour pouvoir toucher des doigts un bonheur en suspens depuis trop longtemps. Le tout saupoudré d'accents chantant méditerranéens, de sentences italiennes, qui viennent colorer cette histoire d'une teinte soyeuse et joyeuse.

Même s'il traverse une sacré turbulence, une sorte de passage à l'âge adulte chaotique, Julien reste solaire malgré tout. Il avance tant bien que mal, grandit et murit. Et lâche prise, une fois l'énigme de sa vie résolue.

J'ai eu un véritable coup de cœur pour la Belle Infidèle de Romane Lafore, premier roman plein de promesse, qui m'a emmené enquêter sur fond de Dolce Vita. Foncez, vous ne serez pas déçus.